La clarification de l'eau est une étape essentielle de traitement, dont la maîtrise est aujourd'hui particulièrement importante, compte tenu des nouvelles exigences en matière d'élimination des micro-organismes parasites du type Cryptosporidium et Giardia.
Potabilisation : filtration sur media
éliminer les micro-organismes parasites
Leur taille réduite (respectivement 4 à 7 μm et 5 à 12 μm) rend difficile leur élimination : seule une clarification bien maîtrisée, dont l'efficacité est liée à l'existence de multiples barrières placées en série, permet d'éliminer ces parasites.
En fonction des matériaux filtrants utilisés, la filtration est une de ces barrières qui contribue à éliminer la turbidité, le fer, l'aluminium et le manganèse (particulaire) ainsi que la couleur, les matières en suspension et la matière organique.
La filtration améliore l'efficacité de la désinfection finale en réduisant les MES. De plus, elle contribue à réduire le potentiel de formation de sous-produits de désinfection résultant de l'action du chlore sur la matière organique (THM).
La maîtrise des étapes antérieures
L'efficacité de la filtration, pour être optimale, nécessite la bonne maîtrise des étapes antérieures de traitement, lorsqu'elles existent. Cette efficacité, une fois atteinte, permet :
- sur le plan hydraulique, de réduire le colmatage de la masse filtrante et d'allonger la durée des cycles de filtration,
- sur le plan qualitatif, de limiter le risque de décrochage des filtres pour les paramètres déjà évoqués (turbidité, teneur en particules, contamination bactérienne et parasitaire, couleur, fer, etc.)
Une technique en perpétuelle évolution
Employée depuis des siècles, la technique de filtration n'a cessé d'évoluer.
Utilisée dans beaucoup de domaines, cette technique s'est notamment adaptée à la production d'une eau potable de meilleure qualité.
Parfois utilisée seule, la filtration est devenue une étape de traitement incontournable, qui, malgré sa fiabilité, fait sans cesse l'objet d'améliorations destinées à parfaire la qualité de l'eau filtrée.
Des traitements de nature biologique
En complément de sa fonction principale de séparation ou de clarification, la filtration permet également de réaliser des traitements de nature biologique.
Dans ce cas, la masse filtrante ne limite pas son rôle à celui d'un tamis vis-à-vis des matières en suspension mais se comporte comme un support permettant l'accrochage et le développement de la biomasse active.
C'est grâce à cette propriété des filtres que sont possibles des traitements tels que la déferrisation et la démanganisation biologiques, la nitrification de l'azote ammoniacal, la dénitrification ou encore l'assimilation du carbone organique biodégradable.
Une réponse majeure par rapport à la filtration classique
La conception ainsi que l'utilisation des filtres font l'objet de plus en plus d'attention et l'on découvre encore de nos jours de nombreux points perfectibles.
Les nouvelles techniques de microfiltration et ultrafiltration qui ont vu le jour apportent, certes, une réponse majeure par rapport à la filtration classique.
Une qualité supérieure aux valeurs limites de turbidité
Par rapport au risque infectieux lié à la qualité microbiologique de l'eau potable, la valeur paramétrique de la turbidité de l'eau distribuée, telle que spécifiée dans la réglementation, ne doit plus être considérée comme un objectif de qualité suffisant.
À juste titre, beaucoup d'usines, en France comme à l'étranger, visent et produisent une qualité bien supérieure aux valeurs limites de turbidité.
La filtration intervient sur de nombreux autres paramètres, tant physico-chimiques que bactériologiques, et c'est bien sur le bilan global d'élimination qu'il faut juger de sa qualité.
